QUAND LE ROBOT REMPLACE LA MAIN DU PEINTRE  posté le lundi 30 juillet 2007 09:52

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TRAVAIL DE 10 ROBOTS pour l'exposition  posté le lundi 30 juillet 2007 16:42

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A LIRE ABSOLUMENT ...  posté le lundi 30 juillet 2007 16:48

Interview / mai 2007

Quelle évolution pour les robots ?

Les premiers robots de loisirs font leur apparition dans notre quotidien, l'intelligence artificielle s'impose dans de nombreux secteurs (jeux vidéo, automobile, chirurgie, etc.), mais quel avenir pour les robots ? Seront-ils conscients un jour ? Si oui, devront-ils être considérés comme des êtres vivants ?
Cyril Fievet, auteur du livre Robots extraordinaires, paru aux éditions Fyp et Futuroscope, nous dresse un "portrait robot" du futur, mais aussi du présent...


Vous êtes l'un des auteurs du livre Robots extraordinaires, et ingénieur informatique de formation. Quels sont vos liens avec les technologies robots ?

Cyril Fievet : Outre le fait que ma dernière année d'études fût consacrée à l'Intelligence Artificielle, j'ai toujours été fasciné par la robotique. J'écris sur ce sujet depuis une dizaine d'années et j'y ai consacré deux livres, plusieurs sites Web (cf. http://allrobots.com/) et quelques dizaines d'articles ou reportages dans la presse. Je possède bien sûr plusieurs robots, même si j'aimerais en avoir beaucoup d'autres !


Le terme robot semble regrouper beaucoup de choses, des appareils les plus simples aux semblants d'humanoïdes. Pouvez-vous nous dire ce qui caractérise un robot ? Et quels sont les différents types de robots ?

C.F. : Il est certain que le terme robot est particulièrement flou. C'est parfois gênant, mais c'est aussi ce qui fait l'intérêt et la richesse du thème qu'il recouvre. C'est d'autant plus vrai que le sens du mot a beaucoup évolué dans le temps.
La première fois que le mot a été utilisé, c'était dans une pièce de théâtre, pour désigner des créatures artificielles biologiques ressemblant aux humains. Le robot était alors purement fictionnel.
Plus tard, le mot a été employé pour désigner des appareils mécaniques, capables d'effectuer des tâches jadis réservées aux humains. Cela correspond à l'arrivée des bras robotisés dans les usines, notamment dans la construction automobile (années 1960-1970). Le mot revêt alors une forte connotation industrielle. Le terme s'est ensuite généralisé et popularisé, au point qu'on a parlé de "robot ménager" pour désigner de simples appareils destinés à presser des oranges ou raper des carottes.
Dans l'imaginaire collectif, baigné de films comme La planète interdite, Terminator ou La Guerre des étoiles, le robot a toujours été associé à une créature mécanique et intelligente ressemblant vaguement à des humains.
Il est donc difficile de cerner la réalité du mot robot. Il existe plusieurs définitions "officielles", mais j'ai proposé quant à moi la suivante : "Une créature artificielle, le plus souvent mécanique, autonome ou non, capable de se mouvoir ou de mouvoir l'un ou l'autre des éléments qui la composent, d'effectuer des tâches précises, et reproduisant tout ou une partie des caractéristiques humaines ou animales".
Pour les raisons évoquées ci-dessus, toute classification des robots existants est difficile (du reste, les statistiques officielles diffèrent fortement selon les pays).
On peut les séparer par leur forme ou leur mode de déplacement, mais le plus logique est sans doute de parler d'usages et d'applications. On a alors, de façon schématique :

  • Robots industriels (incluant les robots chirurgiens)
  • Robots domestiques (jouets ou utilitaires - aspirateurs autonomes, par exemple)
  • Robots d'exploration (rovers spatiaux...)
  • Robots militaires (engins de reconnaisance ou dotés d'armement)
  • Robots humanoïdes (robots bipèdes reproduisant la marche et certains comportements humains)

Qu'est-ce qui vous fascine dans ces ''créatures artificielles'' ?

C.F. : Au moins trois aspects de la robotique me fascine et je crois qu'ils doivent nous interpeller.

Au plan technique, les robots représentent un incroyable défi. Quelque part, ils représentent un aboutissement en matière d'évolution des technologies : que peut-il y avoir de plus difficile que de reproduire avec une machine des caractéristiques du fonctionnement animal ou humain ? Ce défi technologique mobilise depuis au moins un demi siècle des énergies considérables et chacune des étapes majeures dans l'évolution de la robotique constitue une victoire de l'intelligence humaine. Il faut d'ailleurs signaler les progrès considérables accomplis. Pour ne citer qu'un exemple : au début des années 1970, aucun laboratoire au monde, même les plus avancés, ne savait faire marcher correctement un robot sur deux jambes mécaniques. Aujourd'hui, vous trouvez des robots humanoïdes dans le commerce, pour une centaine d'euros, qui non seulement marchent parfaitement sur deux jambes, mais sont capables d'effectuer des galipettes et se relever, tandis que les humanoïdes de grande taille des laboratoires de recherche sont capables de courir...

Au plan économique, il faut bien comprendre que les robots dits de "nouvelle génération" ne sont pas juste un amusement de passionnés. C'est bien d'un nouveau marché, d'une taille considérable, dont il s'agit. Les constructeurs asiatiques (japonais ou coréens) n'hésitent pas à avancer que ce marché dépassera celui de l'automobile dans quelques années, et il est fascinant de voir l'énergie consacrée par ces pays pour mettre au point et généraliser de nouvelles générations de machines, en particulier à vocation domestique. Pour ces pays, c'est un véritable élan national qui doit donner naissance à une révolution comparable à celle de l'informatique personnelle...

“Si l'on extrapole un peu, il me semble que la robotique débouche sur la définition du "vivant". A partir du moment où une machine est parfaitement autonome, au plan energétique, comportemental et décisionnel, doit-elle être considérée comme vivante ?”

Enfin, au plan philosophique ou moral, les robots nous amènent à nous poser des questions fondamentales, notamment lorsqu'ils commencent à être dotés d'autonomie décisionnelle ou à fortement ressembler à des animaux ou à des humains. Dans un sens, ces machines sont un miroir de nous-mêmes : nous essayons de les créer à notre image mais en retour, ils nous surprennent, précisément parce qu'ils reproduisent certains de nos comportements. Si l'on extrapole un peu, il me semble que la robotique débouche sur la définition du "vivant". A partir du moment où une machine est parfaitement autonome, au plan energétique, comportemental et décisionnel, doit-elle être considérée comme vivante ? Bien que ce soit une question très ardue, on peut arguer qu'elle l'est, au moins autant qu'une plante, voire qu'un insecte, qui peuvent être vus comme autant de "machines biologiques". Cela peut paraître très "science fiction" aujourd'hui, mais il me semble certain que viendra un jour où les robots seront suffisamment perfectionnés pour nous troubler, et même nous faire admettre qu'ils possèdent une véritable personnalité, au sens humain du terme.


Quelles sont les principales applications des recherches actuelles en robotique ?

C.F. : Elles sont nombreuses et c'est d'ailleurs l'une des vertus de la recherche robotique ou, plus généralement, de la discipline "Intelligence Artificielle". Le grand public a trop tendance à voir l'IA (Intelligence artificielle) comme la seule tentative de reproduction de l'intelligence humaine.
En réalité, de nombreux secteurs de l'IA ont déjà donné naissance à des applications couramment utilisées : systèmes d'aide à la décision, reconnaissance vocale, reconnaissance des formes... Ces systèmes dits "intelligents" peuvent servir dans de nombreux domaines, qu'ils s'agissent d'appareils domestiques, de logiciels "experts" ou de voitures plus sûres.
Au plan mécanique ou mécatronique, et sans parler des robots eux-mêmes, les avancées de la robotique conduisent depuis longtemps à des applications médicales, dans le domaine des prothèses par exemple. Par ailleurs, les robots chirurgiens, télémanipulés par des humains, sont désormais habituels dans de très nombreux hopitaux. Ils sont en quelque sorte la continuation des travaux menés en robotique industrielle depuis des décennies.
Il va de soi aussi que la conquête spatiale et, partant, notre connaissance de l'univers, seraient considérablement moins avancées qu'elles ne le sont sans l'existence de rovers d'exploration et autres sondes robotisées.


Comment seront les robots de demain ?

C.F. : Il faut d'abord comprendre que les robots existent dès aujourd'hui. Au moins deux millions de robots domestiques, capables de nettoyer les sols de façon totalement autonome, ont été vendus. Il existe une vaste gamme de jouets robotisés, parfois de simples "poupées robotiques", parfois des robots humanoïdes programmables et très sophistiqués. Enfin, on trouve beaucoup de machines robotisées dans le monde militaire. L'armée américaine utilise actuellement plusieurs centaines de robots de reconnaissance et de déminage en Irak et en Afghanistan notamment.

Pour répondre à votre question, il me paraît certain que c'est la diversité qui caractérisera les robots du futur. Diversité de tailles : certains seront de la taille d'un paquet de cigarettes (ou plus petits), d'autres de la taille d'un camion. Diversité de modes de locomotion : sur roues, à chenilles, bipèdes, reproduisant le déplacement d'insectes ou d'animaux... Diversité d'usages aussi : certains seront dédiés à des tâches précises (nettoyage, surveillance d'un bâtiment...), d'autres seront plurifonctionnels.

Il me semble très probable que chaque foyer, dans un avenir proche, possèdera deux ou trois "robots". Ce seront principalement des machines utilitaires (aspirateur, tondeuse à gazon autonomes) mais aussi de nouveaux "compagnons" : des machines qui se déplacent dans la maison, reconnaissent les visages des membres de la famille, peuvent tenir une conversation, lire les mails reçus, chanter ou danser, tout en surveillant que tout est normal quand le domicile est inoccupé.

Il me paraît également probable que l'on verra, d'ici une dizaine d'années, de très nombreux robots volants dans le ciel des villes. La plupart seront opérés par les autorités, dans un but de surveillance, mais certains émaneront de citoyens.

En revanche, l'image classique d'une ville dont les rues sont peuplées de robots humanoïdes qui se promènent n'est vraiment pas pour tout de suite, et ne deviendra peut-être jamais réalité.


Pensez-vous que, dans quelques décennies, les robots auront une conscience artificielle, c'est-à-dire la capacité de prendre des décisions morales et pas seulement complexes ?

C.F. : C'est une question difficile, qui suppose que l'on soit capable de définir précisément le mot "conscience"...
Si l'on parle d'un futur lointain, à horizon 30 ans par exemple, deux choses me semblent probables, voire certaines. La première est que l'on sera capable de reproduire un cerveau artificiel au moins aussi élaboré qu'un cerveau humain, en termes de puissance "brute" (plusieurs entreprises et laboratoires s'y emploient, notamment aux Etats-Unis). La seconde est que les robots deviendront suffisamment sophistiqués pour nous faire croire - ou admettre - qu'ils sont dotés d'émotions. Ce ne sera qu'une sorte de "simulation" du fait qu'ils ressentent des choses comme nous, humains, mais ce sera effectué de façon suffisamment crédible pour que nous l'acceptions.
Si l'on admet que l'émotion est l'une des base de la conscience, il peut dès lors sembler plausible que des machines, dotées d'un cerveau artificiel aussi complexe que le nôtre et capables de simuler des émotions de façon convaincante, puissent être considérées comme dotées d'une "conscience artificielle".


Les lois d'Asimov(*) seront-elles applicables ?

C.F. : Non, je ne crois pas. Malgré tout le génie d'Asimov et l'indéniable intérêt intellectuel de ses lois, celles-ci ne sont pas applicables. Même si l'on voulait les appliquer, on ne saurait pas comment s'y prendre. Elles sont d'ailleurs déjà bafouées dès lors que l'on parle de robotique militaire. Or dans plusieurs pays, c'est l'armée qui finance en grande partie la recherche robotique.

(*)  Isaac Asimov inventa dans les années cinquante les trois lois de la robotique citées ci-dessous :

  • Un robot ne doit pas causer de tort à un humain ou, restant passif, laisser un humain subir un dommage.
  • Un robot doit obéir aux ordres d'un humain, sauf si l'ordre donné peut conduire à enfreindre la première loi.
  • Un robot doit protéger sa propre existence aussi longtemps qu'une telle protection n'est pas en contradiction avec la première et/ou la deuxième loi.


Plus tard, Isaac Asimov ajoutera une loi supplémentaire, élargissant la portée de la première :

  • Un robot ne doit pas causer de tort à l'Humanité ou, restant passif, laisser l'humanité subir un dommage.


Propos recueillis par Laetitia Maraninchi.


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TRAVAUX DE PEINTURE EN PREPARATION  posté le lundi 30 juillet 2007 16:56

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DEVENEZ VOUS AUSSI NOTRE SPONSOR  posté le mardi 31 juillet 2007 09:17

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